Sans nouvelle, sans photo, sans mots glissés sur le blog, et presque autant sur les autres réseaux sociaux. Deux ans de vie, un peu plus loin des écrans et un peu plus près de moi.

Une absence numérique qui, au début, s’est imposée à moi car la vie était trop remplie. Happée par le réel, par la vie et les rencontres, mes peurs agglutinées depuis quelques années se sont effilochées pour laisser plus de place à l’envie et à l’inattendu. Et puis, finalement un recul choisi pour laisser plus de place et de temps pour vivre le moment présent sans le photographier ou le raconter, juste le vivre.

2016 – Des mois de Nuit Debout à Toulouse, à écouter, à photographier, à partager des points de vue des compétences et de l’énergie. Un élan citoyen qui a autant fatigué mon corps qu’il a revitalisé mon esprit. L’envie d’être là, d’écouter la parole se libérer, de vivre le moment présent avec tous ces inconnus venus prendre un bout d’espace public. Prendre le temps de l’écoute sans couper la parole, être en désaccord mais comprendre d’autres points de vue, questionner son rapport à l’action, à la violence, à notre vie en commun, à ce qui lui donne du sens.

 

nuit_debout

 

En parallèle à ces nuits debout, des mois de thérapie, pour comprendre mes angoisses et mes peurs, pour chercher de nouvelles pistes pour expliquer ce corps qui se fache parfois brutalement. Pour me questionner autrement et mieux comprendre. Des espaces où poser mes paroles, sans jugement. Des moments pour m’autoriser à dire.

En 2016, j’ai arpenté plus que jamais la ville rose, j’ai délaissé mon appartement et mon atelier pour les rues et les places. J’ai rencontré, discuté avec beaucoup de gens différents. J’ai beaucoup parlé de moi à une dame silencieuse mais bienveillante.
En 2016, après 10 ans d’une belle histoire partagée, l’Amoureux et moi avons pris la décision de nous quitter pour nous permettre à tous les deux de prendre le chemin qui nous convient, celui des bonheurs, de l’accomplissement. J’ai compris qu’on pouvait quitter par amour et respect de soi et de l’autre.
En 2016, je me suis aussi laissé surprendre par une rencontre, de celles qui comptent même si elle tombe un peu au mauvais moment. J’ai accepté de me laisser porter par la vie et par l’amour.

Ces mois ont été riches et difficiles. Plein de doutes et de réponses, de tristesse et de joie. Ils ont surtout nourri mon besoin de cohérence. J’y ai trouvé la force d’assumer ce que je suis, ce dont j’ai besoin, et aussi ce que je ne veux pas. J’ai surement appris plus sur moi que toutes les années passées. J’ai écouté ma petite voix pour me permettre un nouveau départ, pour choisir une nouvelle vie.

 

chemin

 

2017 – L’année des choix, d’un nouvel envol. Être à l’écoute de soi, c’est bien mais encore faut-il avoir la possibilité -certains diraient qu’il faut se la créer – de transformer son quotidien, de savoir prendre le virage quand il faut et comme il faut. Savoir prendre des risques et oser changer de vie.
J’ai donc écouté cette envie de m’extraire de la ville, autant pour retrouver la nature que pour m’éloigner du monde, de cette foule anonyme d’être humains qui je dois bien l’avouer me désespère bien des fois. J’ai entendu ce besoin presque impérieux de simplicité, cette nécessité de vivre de peu pour pouvoir pérenniser mon choix d’activité artisanale mais aussi et surtout pour ralentir et retrouver la vraie valeur des choses et du temps, requalifier le nécessaire de l’accessoire. Du moins ce que cela représente pour moi.

 

nid

 

J’ai donc construit un nouveau nid, dans un tout petit village de 40 habitants, au creux des montagnes. Ici je redécouvre le cycle des saisons, j’écoute le silence, je vais chercher mes radis noirs au potager, je passe voir les brebis ou les chevaux des voisins, je m’inquiète de la rivière et des mes poules. Ici je me sens plus autonome mais surtout plus vivante et à ma place. Ici je savoure la solitude autant que le papotage au détour d’une ruelle. Ici je me sens à l’écart de la rapidité et de la folie du monde, je peux vivre autrement loin des plans de carrière et des chemins standardisés.
Je ne porte aucun jugement sur les choix de chacun, je sais juste aujourd’hui que le mien doit être un peu différent pour que j’y puise de la sérénité et du sens.

J’ai fait le choix de la simplicité volontaire, de ne pas vivre pour travailler mais de composer ma vie de plusieurs activités nécessaires à mon équilibre. Le choix d’être en accord avec mes convictions politiques et écologiques.
J’ai conscience de la chance que j’ai d’aimer mon métier, d’y trouver du plaisir et du sens et de pouvoir l’exercer n’importe où (tant qu’il y a une connexion internet ^^), je sais aussi que sur le papier, malgré votre confiance et vos jolies commandes, les revenus dégagés sont modestes et qu’il y aura forcement sur le chemin des difficultés et des frustrations.
Mais je sais surtout que c’est la vie qui me convient ! Faire pour dépenser moins, choisir pour consommer mieux, créer à l’atelier, cultiver au potager, cuisiner en prévision de l’hiver, profiter des beaux jours pour observer les étoiles et manger sous un arbre.

Alors j’ai décidé d’oser le chemin de traverse un peu bosselé, pour ne pas regretter.

« Il faut être prêt à se débarrasser de la vie qu’on a prévue pour avoir la vie qui nous attend.  »
(Joseph Campbell)

 

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